L’option Latin

(de la 3° à la 6°)
Beaucoup d’entre nous ont la conviction que l’apprentissage intensif d’une langue ancienne n’a cessé de les » habiter » depuis, alors que d’autres se demandent avec étonnement quel intérêt peut présenter une telle discipline à l’heure de l’informatique…

Un fait est certain : depuis l’instauration de l’enseignement rénové, le latin s’impose comme activité d’essai en 1ère année. Essai ? Il est vrai que pour choisir il vaut mieux savoir de quoi il est question.

Par une méthode requérant observation, analyse, déduction, intuition, synthèse, le cours de 1ère permet de tester les aptitudes de chacun face à la phrase latine, en partant de l’étude de textes d’auteurs.

Au terme de la 1ère, si la compréhension des mécanismes de la langue est assurée et pour autant que l’élève éprouve du goût pour cette activité, il n’y a pas de problème d’orientation possible.

La 2ème année poursuit la même méthode mais en systématisant les acquis de 1ère ; le travail à fournir au cours de cette année demandera bien entendu un effort de concentration, d’analyse, de régularité dans l’étude, dans la mémorisation.

Les plus grosses difficultés de grammaire seront surmontées après la 2ème et dans la suite (3ème, 4ème, 5ème, 6ème), les élèves éprouveront beaucoup de plaisir à découvrir les textes anciens, une fois la syntaxe maîtrisée. Pour essayer d’apaiser les nostalgiques du latin intensif : « avec 4h semaine, à quoi peut-on bien arriver ? », on peut dire que l’objectif essentiel est bien sûr de traduire avec justesse la pensée de celui qui a écrit, en comprenant la relation entre les mots de la proposition, en en saisissant le sens avec ses nuances. Le temps du thème est dépassé, bien qu’on y ait encore recours occasionnellement.

Pour répondre aux sceptiques, voici quelques arguments :
– une discipline qui fait appel à la rigueur précédemment décrite ne peut être gratuite, inutile, mais forme l’esprit ;
– le français est du latin « transformé » : son étude améliore l’orthographe (justifiée), la bonne compréhension des mots et la richesse du vocabulaire ;
– le langage scientifique a puisé dans la langue latine ses termes, son vocabulaire (ce qui peut encore être utile, même si le latin n’est plus requis pour accéder aux études supérieures) ;
– le latin est une école de logique et de style, à l’heure où l’on déplore un relâchement dans l’expression écrite et orale ;
– notre civilisation est l’héritage de tout ce monde latin : mode de vie, institutions, technologies.

Sans négliger l’importance des langues vivantes, des sciences, des techniques nouvelles…, il est bon de retrouver dans l’étude des textes latins, un peu de notre âme.